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Le cerveau est la cause du syndrome du côlon irritable

Ce n’est pas la première étude à documenter l’interface intestin -cerveau, ici chez des patients souffrant de syndrome du côlon irritable, cependant c’est peut-être la première à apporter les preuves d’une relation bilatérale.Cette équipe de l’Université de Californie – Los Angeles (UCLA) montre en effet, chez ces patients, l’association entre les microbes intestinaux et la structure du cerveau.

De nouvelles données présentées dans la revue Microbiome qui apportent finalement 2 résultats clés :

-il existe bien une association entre le microbiote intestinal et les zones cérébrales impliquées dans le traitement de l’information sensorielle,

-les signaux générés par le cerveau peuvent influencer la composition des microbes résidant dans l’intestin et les composés chimiques de l’intestin peuvent façonner la structure du cerveau humain.

Des études de plus en plus nombreuses documentent ces dernières semaines cet interface intestin ou microbiote intestinal- cerveau. Une récente a apporté une démonstration imparable, chez la souris : greffer ” du ” microbiote humain d’un sujet atteint du syndrome du côlon irritable entraîne chez l’animal, non seulement le développement des mêmes symptômes intestinaux mais également un comportement qui reflète l’agitation et l’anxiété. Une équipe italienne a également que la stimulation électromagnétique du cerveau peut modifier la composition du microbiote intestinal. Enfin, des chercheurs de l’Université de York ont également que l’augmentation des niveaux alimentaires du neurotransmetteur inhibiteur, l’acide gamma-aminobutyrique (GABA), pouvait influencer les réponses neuronales aux stimuli sensoriels basiques… D’autres études ont démontré des effets du microbiote intestinal sur la fonction cérébrale et le comportement.

Les chercheurs de l’UCLA ont recueilli des mesures comportementales et cliniques, des échantillons de selles et des images cérébrales chez 29 participants adultes diagnostiqués le syndrome du côlon irritable et 23 témoins en bonne santé. Par séquençage de l’ADN et modèles mathématiques, l’équipe a quantifié la composition, l’abondance et la diversité des communautés du microbiote et a identifié les gènes microbiens et les produits géniques des échantillons de selles. Ensuite, les chercheurs ont rapproché ces mesures microbiennes intestinales avec les caractéristiques structurelles du cerveau.

L’analyse montre que :

-la composition du microbiote des patients atteints de syndrome du côlon irritable s’avère de 2 types :

-un type similaire à celle du microbiote des témoins en bonne santé,

-un type altéré, caractéristique de traumatismes au début de la vie, généralement associé à une antériorité plus importante du syndrome. Sur ce point, il a été montré que les antécédents de traumatisme en début de la vie pouvaient être associés à des changements structurels et fonctionnels dans le cerveau et à la modification de la composition microbienne intestinale. Ces altérations dans le microbiote de l’intestin au départ induites par des signaux en provenance du cerveau pourraient à l’inverse se répercuter ensuite dans les régions sensorielles du cerveau, modifiant la sensibilité aux stimuli intestinaux, une caractéristique du syndrome.
Ces 2 types de composition microbienne intestinale sont également associés à des différences dans la structure du cerveau.

l’analyse du microbiote intestinal pourrait prochainement donner lieu à un test de dépistage de routine pour les personnes atteintes de syndrome du côlon irritable, puis à de nouvelles thérapies par régimes alimentaires et/ou probiotiques personnalisées en fonction du profil microbien intestinal du patient. Ensuite, ces signatures cérébrales, obtenues chez les sous-groupes de patients atteints suggèrent une réponse différente aux thérapies ciblées sur le cerveau telles que les thérapies cognitives de réduction du stress ou certains médicaments ciblés. Ce qui est certain avec cette accumulation de preuves Implications : c’est qu’il faudra au fil des données reconsidérer la prise en charge de certaines maladies intestinales et certains troubles neurologiques et comportementaux, dans la globalité de cette connexion intestin-cerveau.

source  : December 2017 doi:10.1186/s40168-017-0260-z

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