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Le surpoids déforme l’expression de nos gènes

Environ 1,5 milliard de personnes dans le monde sont en surpoids ou atteints d’obésité, rappellent ces chercheurs du Helmholtz Zentrum München, en préambule de leur étude. Et avec l’excès de poids, le risque accru de maladies chroniques que l’on connaît, de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires et d’autres troubles métaboliques et inflammatoires. Au nombre des mécanismes reliant l’adiposité à ces conditions cliniques, celui de la méthylation de l’ADN, qui va affecter l’expression des gènes et du phénotype moléculaire. Cette étude présentée dans Nature contribue ainsi à décrypter les effets épigénétiques de l’excès de poids.

Les chercheurs du Centre de recherche allemand pour la santé environnementale rappellent, ce faisant, que les kilos en trop affectent également l’ADN : un IMC élevé conduit ainsi à des changements épigénétiques sur près de 200 loci (ou sites) du génome, avec des effets significatifs sur l’expression des gènes.

Rappel sur l’épigénome : bien que nos gènes ne changent pas au cours de la vie, notre mode de vie peut influencer directement leur environnement. On  » parle  » alors de l’épigénome qui se réfère à tout ce qui se passe sur ou autour de nos gènes. On sait que les modifications épigénétiques ou de l’épigénome peuvent favoriser le risque de maladies, ici les chercheurs ont regardé comment l’obésité pouvait le modifier et ce faisant accroître le risque de comorbidités.

C’est la plus grande étude jamais menée entre l’IMC et l’épigénétique : les chercheurs ont examiné les corrélations possibles entre l’indice de masse corporelle (IMC) et les modifications épigénétiques à partir d’échantillons de sang de plus de 10.000 femmes et hommes d’Europe, dont une partie à risque génétique élevé d’obésité et de troubles métaboliques. Lors d’une première phase portant sur 5.387 prélèvements, l’équipe identifie 207 loci de gènes altérés épigénétiquement en fonction de l’IMC. Ils confirment ensuite 187 de ces loci sur une seconde série de 4.874 prélèvements. Enfin, d’autres vérifications suggèrent que ces changements sont bien une conséquence et non la cause d’un IMC élevé.

Des changements dans l’expression des gènes inflammatoires : cette analyse permet de confirmer et d’expliquer le lien entre l’obésité et l’inflammation. En effet, des changements significatifs sont identifiés dans l’expression des gènes responsables du métabolisme lipidique et dans les gènes liés à l’inflammation. Des marqueurs épigénétiques permettant de prédire le risque de diabète de type 2 sont également retrouvés.

» Nos résultats permettent d’identifier des voies de signalisation qui sont influencées par l’obésité « , concluent les auteurs, qui dessinent ainsi de nouvelles stratégies possibles, et de diagnostic et de traitement des comorbidités associées au surpoids et à l’obésité.

Source: Nature 21 December 2016

L’article : http://www.nature.com/nature/journal/v541/n7635/full/nature20784.html

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